Interview réalisé dans le cadre du prix de Bordeaux 2017 par le site Singular Lens.
https://www.singularlens.com

Singular Lens - Quand et comment avez-vous découvert la photographie ?
Gérard LAURENCEAU - J’avais 19 ans … Ce fut la découverte d'un formidable moyen d'expression.  Je n'ai plus arrêté depuis, mais il m'a fallu du temps pour trouver mon « style », celui qui aujourd'hui, me donne le sentiment de ne pas me mentir.

SL - Que représente-t'elle pour vous ?
GL - Un équilibre, une respiration ...
Je me sens vivre lorsque je pars faire des photos. Je roule ou je marche, je cherche, je scrute le paysage.  Lorsque je pense avoir trouvé le bon sujet, le bon cadre, j'essaie d'en tirer le meilleur. Parfois çà fonctionne ou pas. Je suis très exigeant ...
Je rentre souvent épuisé.

SL - Les sujets qui vous tiennent le plus à coeur ?
GL - Le paysage ordinaire et banal, celui que l'on ne regarde pas ou plus. Celui du quotidien ...
J'essaie toujours de dépasser la photo documentaire et le simple constat, en montrant les choses comme je les vois ; c’est à dire comme un décor, plus que comme un cadre de vie.

SL - Une exposition, un photographe qui a changé votre regard ?
GL - J’aime le travail de nombreux photographes. Je m'en inspire parfois et pas toujours consciemment. On n'est jamais détaché de ce que l'on a pu voir auparavant. Mais je pense plus particulièrement à deux photographes :
Josef Koudelka, il a un regard, un sens du cadrage hors-norme. 
Et Stephen Shore, son travail sur l'Amérique des années 70 est marquant. Ses photos sont d'une force et d'une beauté incroyable. Et avec le temps écoulé, il s'en dégage une ambiance très cinématographique.

SL - Combien de temps avez-vous oeuvré sur cette série ?
GL - J’ai commencé cette série en 2013, mais elle n’est pas terminée … J'habite Orléans, la Beauce est à ma porte. C'est une région que les gens trouvent laide, sauf moi … Et  je pense avoir permis à beaucoup de la regarder autrement.
Immense et austère, elle est pourtant très belle l'hiver.